Histoire du Radicalisme >> Radicaux dans l'Histoire
 
l - Camille Pelletan
 
 
CAMILLE PELLETAN
(23 juin 1846 - 4 juin 1915)



Tribun du radicalisme, engagé dans toutes les batailles républicaines et sociales de la IIIe République, Camille Pelletan incarne le radicalisme intransigeant.

Ce journaliste, diplômé par ailleurs de l’Ecole des Chartes, se fait remarquer par ses idées politiques de gauche et même d’extrême gauche. En 1880, Georges Clemenceau le nomme rédacteur en chef de son journal “La Justice”. L’année suivante il est élu député à la fois à Paris et dans les Bouches-du-Rhône.

Le sud aura sa préférence et il sera député d’Aix-en-Provence jusqu’en 1912. Sa politique d’opposition sera particulièrement remarquable quand il s’agira de critiquer la politique coloniale, faisant ainsi tomber le ministère Buisson. Rejoignant les républicains devant le développement du Boulangisme, il sera un ardent défenseur de Dreyfus et apportera son soutien à Waldeck-Rousseau.

En 1901, il est le rapporteur du premier congrès radical-socialiste. L’année suivante Emile Combes lui offre le poste de ministre de la Marine, qui lui permettra de montrer que le radicalisme “à la Pelletan” peut aussi être un radicalisme social. Il tente de démocratiser la Marine et s’intéresse davantage aux ouvriers et marins qu’aux amiraux. Il est alors l’initiateur d’une grande réforme sociale; la journée de 8 heures dans les arsenaux, scandalisant ainsi les milieux conservateurs. Très populaire parmi les ouvriers, qualifié de ‘radical rouge’, il restera l’un des seuls radicaux admiré par les socialistes après 1904.

Anticlérical féroce, il contribue à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il préside aux destinées du Parti en 1906 et 1907 et reste fidèle à sa devise «pas d’ennemi à gauche» en favorisant le rapprochement entre radicaux et socialistes.

Il finira ses jours comme sénateur des Bouches-du-Rhône (élu en 1912) et aura écrit au cours de sa vie mouvementée deux ouvrages “Associations ouvrières dans le passé” et “Le comité central et la Commune”.