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GASTON DOUMERGUE
(1863 - 1937)
Né dans le Gard en 1863, Gaston Doumergue commence une carrière de magistrat en Indochine puis en Algérie après avoir été avocat.
Militant radical, il est élu député du Gard en 1893. Sa carrière ministérielle commence en 1902 et se trouve marquée essentiellement par de larges passages au ministère des Colonies de 1902 à 1905 et de 1914 à 1917. Il devient pour la première fois Président du Conseil en 1913 à l’invitation de Poincaré, afin de maintenir la loi de trois ans que vient de faire voter Louis Barthou.
Ses talents d’orateur de gauche, sa réputation de conciliateur lui assurent, en 1923, une brillante élection au Sénat. Ce sont ces mêmes qualités qui feront de lui l’homme présidentiel en 1924.
En effet, après la démission d’Alexandre Millerand de la présidence de la République, le Congrès n’arrive pas à lui trouver un successeur. Gaston Doumergue l’emporte avec les voix de droite contre Paul Painlevé, candidat du Cartel des gauches. Son discours, tout aussitôt après son élection, donne le ton sur l’idée qu’il a de la fonction “Nul plus que moi ne demeurera au dessus des partis pour être, entre eux, l’arbitre impartial”. De fait, Gaston Doumergue s’avère être un remarquable tacticien.
S’il appelle à la présidence du Conseil Edouard Herriot en 1924, il manoeuvre en 1926 pour le faire renverser, n’hésitant pas à rappeler aux affaires Poincaré pour sauver le franc. Son mandat achevé, «Gastounet» comme l’ont baptisé les Français, se retire à Tournefeuille en 1931. Trois ans plus tard son successeur, Albert Lebrun, lui demande de revenir à Paris où la République est menacée par les scandales politico financiers et les méthodes fascistes des ligues. Il est acclamé par la foule à son arrivée et propose aussitôt un remède avec l’accroissement des pouvoirs de l’exécutif auquel il s’opposait dix ans auparavant. Se comportant à l’égard du président comme Alexandre Millerand en 1924, il doit rapidement renoncer et repart, sous les seules acclamations des ligues, dans sa retraite méridionale où il décède en 1937.
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