Histoire du Radicalisme >> Radicaux dans l'Histoire
 
b - Pierre Mendès France
 
 
PIERRE MENDÈS FRANCE

(11 janvier 1907 - 18 octobre 1982)

Né à Parie le 11 janvier 1907 (une plaque rappelle sa naissance au 75, rue de Turbigo), Pierre Mendès France adhère au Parti radical à 17 ans. Avocat à 19 ans, Docteur en Droit à 21, il travaille avec Georges Bonnet avant de s’installer à Louviers, dans l’Eure. Elu en 1932, il est à 25 ans le plus jeune Député de la République.
Tout en poursuivant son implantation dans l’Eure (Maire de Lisieux et Conseiller Général en 1937), Pierre Mendès France anime, au Parti Radical, le courant des Jeunes Turcs qui veulent rénover l’image du radicalisme et ancrer à gauche le vieux parti. Réélu Député avec le Front populaire en 1936, il devient sous-secrétaire d’Etat au Trésor en 1938, plus jeune Ministre de la République.
Aviateur en Syrie durant la deuxième guerre mondiale, il est arrêté par la police de Pétain et Laval, jugé à Riom et emprisonné pour désertion et trahison. Commissaire aux Finances de la France Libre à Alger puis à Paris en 1943-1944, il devient ministre de l’Economie nationale de la France libérée en 1945 mais démissionne rapidement devant l’hostilité de De Gaulle aux mesures économiques qu’il estime nécessaires pour le pays.
Député de l’Eure de 1946 à 1958, il est également Gouverneur du FMI de 1947 à 1958. Les députés lui refusent l’investiture en 1953 car son programme de rigueur économique et ses propositions pour une solution pacifique en Indochine inquiètent, comme d’ailleurs le ton nouveau (“Gouverner c’est choisir”) qu’il veut donner à son ministère.
Le 17 juin 1954, il obtient cette investiture et forme un gouvernement qui durera sept mois et dix-sept jours. Pierre Mendès France s’entoure de jeunes ministres avec lesquels il va s’attacher à régler les problèmes du pays, un par un, en respectant les échéances qu’il s’est fixé. Le traité de Genève rétablit la paix en Indochine et le voyage à Carthage consacre l’autonomie de la Tunisie. Le 14 août 1954, Pierre Mendès France obtient les pouvoirs spéciaux pour les questions économiques expansion économique, augmentation du revenu national, abaissement des coûts de production, amélioration du pouvoir d’achat et du niveau de vie des pays d’outre-mer, sécurité de l’emploi, équilibre de la balance des paiements. Mais cette politique économique jugée trop rigoureuse et la volonté constante de gouverner le pays sans compromissions politiciennes attisent les attaques contre l’homme. Son opposition au projet de CED qui divise le pays et tous les partis politiques, y compris le Parti radical, cristallise cette haine. Au Congrès de Marseille, Edouard Herriot confie le Parti radical à Pierre Mendès France mais le mal est fait. Les réformes institutionnelles engagées n’empêchent pas sa chute le 5 février alors qu’il pense s’attaquer au problème algérien. Ministre d’Etat en 1956 dans le gouvernement du Front républicain de Guy Mollet dont il se sépare rapidement, Pierre Mendès France s’oppose au coup de force de 1958 et rejoint en 1961 le PSU. Se plaçant dès lors parmi les plus farouches opposants au régime gaulliste, il est élu Député de l’Isère en 1967. Devenu une référence morale de la gauche française en cours de reconstruction, il soutient le mouvement populaire de mai 1968 en proposant au pays une réelle alternance démocratique. Battu aux législatives de 1968, il n’intervient plus guère dans la vie politique française, sauf pour soutenir la candidature de Gaston Defferre en 1969.
Pierre Mendès France meurt en 1982.
Ses cendres sont dispersées dans la campagne de Louviers.